Application martiale

Le vide mental pour une application adéquate

Dans l’urgence, le mental est scotché au plafond, ce qui veut dire que l’instinct nous entraîne à soit fuir, faire le mort ou se défendre. Dans les arts martiaux on apprend à se défendre.

Au début il y a un travail cérébral d’apprentissage et de mémorisation (tête). Ensuite il faut vraiment savoir par cœur ses postures, enchaînements de formes et exercices respiratoires (cœur). La dernière étape est la digestion qui permet aux tripes de décider du mouvement à appliquer en cas d’urgence (ventre). Après des années de pratique on obtient des réflexes qui guident nos mouvements dans des applications de plus en plus précises.

Le cerveau humain contient en réalité trois parties que sont la tête (esprit Shen), le cœur (souffle Qi) et le ventre (essence jing), qui sont reliées par la colonne vertébrale. Ces trois centres neuronaux sont équilibrés par ce qu’on appelle les ″trois harmonies internes″ de cette manière : La pensée se lie au cœur, le cœur se lie au souffle et le souffle se lie à la force.

Dans l’application en combat, le mental ne doit pas diriger le mouvement, mais l’énergie nourrie par l’émotion. Certains combattants utilisent en plus des onomatopées ou des mots pour combattre, de la même façon que le font certains musiciens (ils prononcent quelque chose).
Le vide mental doit être entraîné par la méditation silencieuse et l’entraînement des formes (taos ou katas).


Il est impensable d’imaginer qu’une application martiale puisse être guidée par l’intellect lors d’un cas d’urgence. C’est la faute que commettent beaucoup de pratiquants occidentaux.
La véritable application efficace n’est pas celle du technicien ou du puncheur, mais elle vient des tripes. La tête est toujours là, le cœur est toujours là, mais la puissance et l’efficacité du geste provient des neurones situées dans les intestins. La maîtrise des mouvements appris par cœur engendre ainsi l’expérience ou la mémoire cellulaire.


Les deux fondements principaux qui régissent l’expérience sont :
La peur du bruit, donc l’écoute attentive.
Et
La peur de tomber, donc la recherche de posture équilibrée et enracinée.

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