Tai chi chuan ou Tai ji quan
Tai chi style yang
Le 7 mars 2009
A Yverdon-les-Bains CH
Stage Tai chi
Tai ji et combat
Tai ji quan et application martiale
Art martial interne, le Tai ji quan (tai chi chuan) est bénéfique à la santé et favorise la circulation du Qi avant de s’intéresser à quelconque application martiale.Dans la tradition des arts martiaux chinois, la forme (tao ou kata) est enseignée sans explication quand à son application martiale. L’élève doit méditer sur chacun des mouvements afin d’y découvrir les possibilités d’applications.
On rencontre beaucoup d’enseignants en occident qui enseignent leur forme selon une application et l’interprétation que l’on peut faire des mouvements d’une forme, amène fatalement à la modification de celle-ci. C’est pour cela qu’il existe autant de styles différents d’arts martiaux traditionnels. Cette déviation de la tradition peut être une richesse ou une ruine, il s’agit alors d’éprouver chaque technique selon son efficacité martiale ou sa manière de favoriser la circulation du Qi.
La forme et l’application sont deux choses différentes, car la véritable application n’est jamais esthétique. La forme va favoriser l’énergie, tandis que l’application sert à dominer et maîtriser un adversaire.
Le maître de Tai ji quan enseigne les mouvements de la forme en parlant de la circulation du Qi et l’élève doit trouver l’application la plus proche de chaque mouvement.
Lorsque nous pratiquons la forme, nous cherchons la perfection du mouvement et ce travail abouti à une accumulation et une bonne circulation du flux d’énergie vitale. La pratique du Tai ji quan évolue vers la lenteur pour favoriser la réception du Qi et son application en sera encore plus efficace et rapide.
L’un des principaux préceptes du Tai ji quan est le regard du chat qui guette une souris. Cette façon d’utiliser la vue comme un chasseur conduit à une capacité d’observation de l’aura. La pensée est comme la carotte qui fait avancer le mulet, elle visualise le mouvement qui vient en précédant le Qi. Le fait de pratiquer le Tai ji quan dans un esprit de méditation Zen est par contre contraire au précepte justement, ici le corps est souple et détendu, mais l’esprit reste vigilant, alors que dans l’art martial externe (kung fu) le corps se durcit et l’esprit est Zen.
Dans l’art martial interne, l’issue du combat ou de l’application martiale pourrait être appelée « voie de souplesse » comme le judo ou l’aikido où le but est de maîtriser l’adversaire sans force et, où l’attaquant se fera mal lui-même en tombant.
Dans l’art martial externe, l’énergie de l’attaquant sera canalisée puis renvoyée dans une application destructrice qu’il faudra alors maîtriser au mieux afin d’évoluer dans la voie du Zen.
Certaines personnes disent que le Tai ji quan est plus Zen que le kung fu, alors que c’est l’inverse justement.
Arts martiaux ou sports de combat
Art martial et sport de combat
Dans les sports de combat il y a une notion de durée et dans les arts martiaux, il y a une notion d’instant.
L’objectif dans les sports de combat est plutôt la gloire, les médailles et donc un culte de personnalité. Symboliquement, il s’agit d’une mise à mort de l’autre ou en tout cas de la domination d’un adversaire. Dans le cas de l’éducation, les sports de combats apportent des solutions concernant le respect et le fair-play, mais au niveau spirituel et énergétique il se peut que cela soit plus limité.
Le but de l’art martial est la non violence et donc l’absence de combat. En arts martiaux on n’adopte pas de garde, on reste décontracté, refusant le combat et laissant l’adversaire faire le premier pas. Le premier stade est de frapper l’adversaire dans le but de défendre sa vie et s’il le faut, porter un coup fatal. Lors de combats de quartiers, généralement les garçons (qui suivent la voie des arts martiaux) portent les coups de toutes leurs forces dans leur jeunesse et lorsqu’ils grandissent, ils arrivent normalement à contrôler, voire même à ne plus toucher l’adversaire. Les maîtres d’arts martiaux ne se battent en principe jamais, car ils dégagent une vibration qui nous enlève l’envie de les attaquer et leurs coups peuvent être vraiment dangereux. Bien entendu, pour développer une telle puissance et un tel pouvoir, ces gens là ont du passer par la rue. Cette application de la réalité semble obligée pour acquérir une certaine maîtrise. Comment pourrait-on être efficace à la guerre si on n’y est jamais allé ?
L’art martial traditionnel est un art guerrier et le but ou l’objectif de sa pratique est la paix. Quand deux tigres s’affrontent, l’un est mort et l’autre est blessé. Si on applique cette idée à la philosophie martiale, on comprend pourquoi le combat est pratiquement inexistant dans les arts martiaux. Pour ceux qui ont vraiment besoin de frapper, il existe alors justement les sports de combat et il est vrai que cette voie peut favoriser aussi de bonne chose.
Dans un combat sportif, il faut tenir une distance et la condition physique est parfois plus importante que la véritable application puissante que l’on recherche dans l’art martial.
Dans la voie des arts martiaux, il y a des situations chez certaines personnes qui vivent dans certains pays où la réalité du combat n’a rien à voir avec un podium et des médailles. Et pour celui qui doit défendre sa vie, il s’agira vraiment d’un instant parfois très bref. Donc la véritable voie des arts martiaux pourrait être le développement d’une super puissance capable de maîtriser un adversaire et dans la mesure du possible, sans le combattre.
Lorsque l’on vainc un adversaire dans une compétition, il n’y a en principe pas de risque de représailles ou de vengeance puisqu’il s’agit d’un sport. Mais dans la rue, l’affrontement n’a pas forcément de règle ni de fair-play. Cela peut être très dangereux et c’est pour cela que si l’on maîtrise quelqu’un sans le toucher on en obtiendra plus facilement le respect.
Le fait de savoir contrôler les coups et de combattre sans toucher est un stade avancé des arts martiaux. Bien sûr il ne s’agit pas de faire du vent pour enrhumer l’autre en gesticulant, mais bien d’une démonstration de puissance qui va éveiller l’esprit et engendrer l’énergie qui réside dans cette voie.
L’art du combat dans les arts martiaux
Le véritable but de l'art martial
Lorsque deux tigres s’affrontent, l’un sera mort et l’autre sera blessé. En arts martiaux, l’objectif ne devrait pas être le combat, mais plutôt l’éducation.
La première étape du combattant en arts martiaux est de faire des expériences pour acquérir une certaine confiance. Tous les experts et maîtres en arts martiaux sont passés par le combat de rue pour finalement découvrir que la violence n’est pas une finalité.
La seconde étape est le contrôle qui permet de préserver la vie, la santé et les relations. Si vous frappez un enfant de toutes vos forces, vous irez certainement en prison et dans la perspective du combat de rue, il s’agit un peu de la même situation ; c’est comme si vous portiez une arme et c’est donc pour cela que vous devez apprendre à contrôler vos frappes. L’avantage est que la personne à qui vous ferez une démonstration de force tout en contrôlant vos coups, vous en sera reconnaissante de ne pas lui avoir cassé le nez et vous portera un certain respect, tandis que la personne que vous aurez rossé sans retenue, risque bien de se venger.
La troisième et dernière étape est l’abnégation du combat par le refus d’engagement. Dans les sports de combat, les pratiquants sont engagés et se tiennent en garde, ils sont toujours en mouvement et doivent en principe prolonger le combat ; alors qu’en art martial on baisse la garde et on se décontracte afin de laisser le flux d’énergie agir à l’insu du mental. Le véritable pratiquant d’arts martiaux acquiert une confiance qui lui permet d’intimider son adversaire et de le tenir à distance. Ceci est l’apothéose de la pratique martiale et dans ce cas, le combat ne peut pas y avoir lieu, du moins en tant de paix.
Lorsque le but de la pratique martiale est la paix, la voie s’ouvre et la découverte de l’esprit amène à de nouvelles perspectives d’existences. Le savoir vivre qui en découle est quelque chose qui se transmet naturellement sans explication.
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